La nécessité de faire face au changement climatique se faisant de plus en plus pressante, les villes ont publié des plans qui tentent d’organiser les efforts pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre, s’adapter aux effets du réchauffement et rendre leurs institutions, leurs entreprises et leurs populations plus résilientes. Ce module explore les deux derniers plans climats de la ville de Montréal: le Plan Montréal durable 2016 (PMD) de l’administration de Denis Coderre, et le Plan climat 2020-2030 (Plan climat) de l’administration de Valérie Plante.
Ce module permet d’explorer les politiques climatiques de ces deux plans classĂ©s selon des catĂ©gories pouvant Ăªtre accĂ©dĂ©s ci-dessous :
• CommunautĂ© et implication collective: aperçu des politiques des plans climat pour mobiliser les citoyens, les organismes et les diffĂ©rents acteurs de MontrĂ©al.
• Verdissement: les politiques agissant sur les espaces verts, les arbres et le couvert vĂ©gĂ©tal, et les jardins communautaires.
• Alimentation et agriculture: les politiques agissant sur la disponibilitĂ© et la qualitĂ© de l’alimentation saine, ainsi que le jardinage communautaire.
• Utilisation du sol: politiques visant Ă promouvoir des formes urbaines susceptibles d’attĂ©nuer le changement climatique et de s’y adapter.
• MobilitĂ©: les politiques relatives au transport en commun, au transport actif, Ă la mobilitĂ© Ă©lectrique et aux actifs de la ville en matière de transport.
• ÉquitĂ©: les politiques visant Ă promouvoir l’équitĂ© et la solidaritĂ© par l’accessibilitĂ©, la disponibilitĂ© de logements, de services et d’aides aux groupes marginalisĂ©s.
• Adaptation et rĂ©silience: les politiques visant Ă freiner les impacts nĂ©gatifs d’un climat dĂ©jĂ changeant. *La section de l’administration Coderre concerne principalement le Plan d’adaptation aux changements climatiques (PACCAM) au lieu du Plan MontrĂ©al durable..
• Économie: les politiques visant la transition vers une Ă©conomie durable, surtout localement.
• Innovation: les politiques pour la promotion et le dĂ©ploiement des secteurs innovants de l’économie montrĂ©alaise, particulièrement l’énergie renouvelable et la mobilitĂ© Ă©lectrique.
• RĂ©gionalisme, internationalisme et rĂ©seaux : description des engagements de MontrĂ©al et de ses liens avec les rĂ©seaux et accords rĂ©gionaux et internationaux au cours de ses deux derniers plans climatiques.
• DĂ©veloppement durable: les politiques de dĂ©veloppement durable en lien Ă la rĂ©glementation de la construction et des bĂ¢timents, les services et la gouvernance.
Tandis que le contenu du PMD s’addresse surtout Ă l’attĂ©nuation des changements climatiques par la rĂ©duction des Ă©missions de la communautĂ© par des changements aux habitudes des citoyens, des entreprises, et de la ville, le Plan d’adaptation aux changements climatiques de l’agglomĂ©ration de MontrĂ©al (PACCAM) de l’administration Coderre vise exclusivement l’adaptation. Le PACCAM dĂ©crit les actions que devront Ăªtre entreprises Ă court et moyen-terme par l’administration municipale et des arrondissements pour assurer l’adaptation aux crises rĂ©sultant des changements climatiques, tels que des tempĂªtes frĂ©quentes, des sĂ©cheresses, des tempĂ©ratures extrĂªmes, des pluies abondantes, et des inondations. Les actions de l’administration municipale sont prĂ©sentĂ©s comme Ă©tant des engagements, tandis que les arrondissements peuvent adopterou non ces politiques sur une base purement volontaire. Il n’y a aucun mĂ©chanisme en place pour s’assurer de la mise en place de ce plan dans les arrondissements. Le PACCAM a Ă©tĂ© mis Ă jour en 2017 et les progrès du plan ont Ă©tĂ© Ă©valuĂ©s en 2019.
Les objectifs du PACCAM se superposent parfois Ă ceux du PMD. Les deux document prĂ©voient une expension de la canopĂ©e urbaine Ă 25% de la superficie de l’agglomĂ©ration, et une augmentation des lieux protĂ©gĂ©s Ă 10% de la superficie. Le PACCAM inclut Ă©galement des objectifs non-spĂ©cifiĂ©s, tels que la prĂ©servation des berges et des milieux humides, la protection de la biodiversitĂ©, et la rĂ©duction des Ă®lots de chaleur. Les politiques de la ville et les mesures volontaires que peuvent adopter les arrondissements et les villes de l’agglomĂ©ration sont gĂ©nĂ©ralement d’envergure limitĂ©e. Par exemple, la ville promet d’essayer des alternatives aux surfaces minĂ©ralisĂ©es, et promet de maximiser l’infrastructure verte. Les arrondissements sont invitĂ©s Ă augmenter leur offre d’activitĂ©s hivernales et estivales, Ă tondre plus rĂ©gulièrement le gazon dans les lieux publics, et Ă inspecter rĂ©gulièrement leurs bĂ¢timents et les systèmes d’égoĂ»ts. Il va sans le dire que ce document de 246 pages est gonflĂ© par plusieurs mesures qui forment la base d’une bonne gouvernance, et qui dĂ©laissent une grande partie des responsabilitĂ©s de la ville en matière d’adaptation aux arrondissements qui adopteront ou non ces mesures Ă des rythmes variables et en proie Ă leurs contraintes budgĂ©taires.
Accorder de 10 Ă 15% du budget dĂ©cennal d’immobilisations aux mesures d’adaptation. Encourager l’émergence de pĂ´les de rĂ©silience communautaires. Adapter les règlements de la ville en matière de construction et de rĂ©novation afin de prioriser la transition Ă©cologique en adoptant des critères d’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique des des critères architecturaux favorisant la rĂ©silience. AccroĂ®tre la rĂ©silience at l’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique des bĂ¢timents du programme AccèsLogis.
Le PACCAM et le Plan climat prĂ©sentent des approches trèes diffĂ©rentes envers la gestion de l’adaptation et de la rĂ©silience. Le PACCAM prend une approche basĂ© sur l’adoption de mesures d’adaptation sur une base volontaire, prĂ©fĂ©rant une prise de responsabilitĂ© par les arrondissements, avec un minimum d’encadrement par l’administration municipale. Le Plan climat prĂ©voit une approche directe par des subventions, des règlements et de l’investissement. Il semblerait que nous vivons un important changement dans l’élaboration des plans climats. Dans les premiers plans de la ville de MontrĂ©al dans les annĂ©es 2000, l’idĂ©e de l’adaptation Ă©tait entièrement absente. Dans le PACCAM et le PMD, rĂ©digĂ©s en 2015 et 2016, l’adaptation est prĂ©sente, mais ne constitue pas une des grandes prioritĂ©s. En 2020, l’adaptation est une des premières prioritĂ©s, Ă laquelle la ville est prĂªte Ă dĂ©vouer entre 10 et 15% de son budget sur 10 ans, ayant le potentiel d’un Ă©norme impact matĂ©riel. Possiblement en raison de l’implication de MontrĂ©al dans le rĂ©seau des 100 Resilient Cities (100 RC), et son plan de rĂ©silience de 2018, le Plan climat 2020-2030 inclut plus de stratĂ©gies d’adaptation que tout autre plan climat de la ville, excluant le PACCAM. Cela est peu surprenant, car le dĂ©partement de la ville qui a Ă©mergĂ© de sa participation au 100 RC, l’office minicipal de la rĂ©silience a Ă©tĂ© rebaptisĂ© l’office municipal de de la transition Ă©cologique et de la rĂ©silience, et a jouĂ© un rĂ´le important dans l’élaboration du Plan climat. Le directeur municipal de la transition Ă©cologique et de la rĂ©silience, Sidney Ribaux a Ă©tĂ© un contributeur important. L’adaptation et le rĂ©silience reçoivent maintenant un financement direct et sont directement appliquĂ©s sur le cadre bĂ¢ti et le dĂ©veloppement communautaire, au lieu dâ€™Ăªtre des mesures volontaires entreprises en majoritĂ© par les arrondissements.
Les îlots de chaleur représentent l’un des plus importants défis d’adaptation auxquels Montréal devra faire face.
Fortement dépendante sur l’implication des entreprises Montréalaises, ce plan tente de mobiliser le monde des affaires, et les OBNL en leur demandant d’entreprendre un ou plusieurs d’une vingtaine d’actions environnementales suggérées dans son plan d’action des organisations partenaires. Le PMD a été élaboré en partenariat avec un grand nombre de ces organisations, incluant des grandes et petites OBNL, des entreprises multinationales et locales, des coopératives, des groupes de citoyens et des groupes environnementaux. Ni le PMD ni le Plan d’adaptation aux changements climatiques (PACCAM) met l’accent sur l’engagement communautaire à grande échelle, sauf pour des projets collaboratifs élaborés sur la plateforme Faire Montréal, qui semble désormais désaffectée. Le PMD et le PACCAM contiennent des appels à l’action à l’intention de la communauté, mais ne proposent aucun méchanisme pour engager les citoyens, et la communication avec le public se fait largement à travers des initiatives de sensibilisation aux habitudes individuelles.
Le Plan climat adopte un cadre communautaire insistant sur le partage des responsabilitĂ©s dans la lutte contre les changement climatiques. Il favorise la consultation publique, le capital social des citoyens, et l’émergence d’une rĂ©silience communautaire basĂ©e dans la collaboration avec des acteurs issus de la communautĂ©. Le public sont dĂ©crits comme Ă©tant des parties prenantes pouvant prendre action collectivement ou en tant qu’individus. Ce plan se fie aussi Ă des mesures de sensibilisation envers le public et les groupes vulnĂ©rables, qui doivent Ăªtre informĂ©s des avantages d’une transition Ă©cologique. Le contenu du Plan climat a Ă©tĂ© façonnĂ© en grande partie par un comitĂ© consultatif sur le climat formĂ© de 19 membres du secteur des OBNL, le secteur privĂ©, et le milieu acadĂ©mique. Ce comitĂ© devait servir de liaison Ă la communautĂ© MontrĂ©alaise, et former un plan qui rĂ©pondrait aux attented de toutes les parties prenantes. La formation d’un comitĂ© consultatif reprĂ©sente un changement de procĂ©dure par rapport aux plans prĂ©cĂ©dents de la ville, oĂ¹ l’administration municipale jouait un plus grand rĂ´le et les secteur privĂ© et les OBNL Ă©taient consultĂ©s, mais n’avaient pas un rĂ´le central dans l’élaboration du contenu.
Le PMD et le Plan climat citent les deux un désir de mobiliser la communauté et les parties prenantes, avec une emphase sur la solidarité, la coopération et la sensibilisation, mais en adoptant des approches différentes. Le PMD cherche à catalyser l’action des citoyens et des organisations en leur proposant des plateformes pour promouvoir des projets de développement durable à l’échelle locale, et en encourageant les entreprises à modifier leurs pratiques - une approche centrée sur les parties prenantes. Le Plan climat cherche plus souvent à encourager l’autonomie locale et à se lier aux acteurs communautaires pouvant accroître le capital social dans leur milieu. La plus grande emphase sur la consultation publique préconisée par le Plan climat peut également encourager l’émergence d’une plus grande autonomie communautaire, dépendant de la structure de ces consultations. Les deux plans reflètent des processus de consultation et de participation et il est important de déterminer quels groupes ont pu influencer le contenu des plans climats. Dans le cas du PMD, l’administration Coderre représentait une continuité avec l’administration de Gérald Tremblay. Ces deux administration ont consulté des groupes de parties prenantes très similaires, composés de représentants du gouvernement municipal et des arrondissements, le secteur privé, les coopératives locales, les plans de pension, les gorupes communautaires et autres. Le comité consultatif du Plan climat de l’administration plante représente donc une réduction majeure du nombre de parties prenantes impliqués dans la production d’un plan climat.
Dresser un portrait du développement de l’économie circulaire à Montréal. Encourager les organisations partenaires à adopter les principes de l’économie circulaire et de faire affaire avec des compagnies intégrées à l’économie sociale et solidaire.
Adopter l’initiative TM21 pour favoriser une transition écologique de l’économie (l’initiative TM21 a été renommée ou n’a jamais été adoptée, car il y a peu de traces d’elle en dehors de ce document). Étudier les synergies industrielles potentielles dans l’est de l’île. Adopter des critères d’achat socialement responsables. Encourager les entreprises à se départir des combustibles fossiles. Dresser un inventaire des investissements de Montréal dans les combustibles fossiles et examiner les possibilités de désinvestissement en coordination avec les parties prenantes. Utiliser les grands projets (campus de l’Université de Montréal) pour stimuler l’activité économique dans les zones environnantes.
Inciter les entreprises à adhérer à l’économie circulaire. Créer un réseau d’économie circulaire pour permettre la coopération dans la transition vers ce nouveau modèle économique.
Modifier la budgétisation municipale, l’allocation des capitaux et rendre les marchés plus transparents pour les citoyens, les investisseurs, les assureurs et les autres parties prenantes.
Les deux plans se concentrent sur la transition vers une Ă©conomie circulaire (les plans prĂ©cĂ©dents se concentraient sur l’«économie verte» et l’«économie sociale»). Le PMD ne fournit pas de dĂ©finition du terme ni des exemples concrets d’une Ă©conomie circulaire. Le Plan climat propose une brève dĂ©finition, axĂ©e sur l’économie circulaire comme Ă©tant «un système de production, d’échange et de consommation qui vise Ă optimiser l’utilisation des ressources Ă chaque Ă©tape du cycle d’un bien ou d’un service, par une logique circulaire». Le manque d’exemples concrets et de politiques spĂ©cifiques proposĂ©es, ainsi que le statut du terme «économie circulaire» comme mot Ă la mode, font qu’il est difficile de savoir exactement ce que les deux plans prĂ©voient pour l’économie. Il est Ă©galement difficile de suivre l’évolution du modèle Ă©conomique montrĂ©alais ou les progrès vers une intĂ©gration gĂ©nĂ©ralisĂ©e des entreprises dans l’économie circulaire. Cette transition est en cours depuis au moins 2016 - il est donc surprenant qu’il n’y ait pas d’exemples de rĂ©ussites Ă souligner ou de donnĂ©es permettant de suivre la mise en Å“uvre des pratiques commerciales souhaitĂ©es. Parallèlement Ă cette focalisation sur un changement de modèle Ă©conomique, il est notable qu’aucun des deux plans n’aborde directement l’emploi. De nombreux plans climatiques comprennent des sections sur la crĂ©ation et le maintien des emplois ou l’écologisation des emplois, mais cette discussion est largement absente des plans climats de MontrĂ©al. Dans la mesure oĂ¹ le Plan climat aborde l’emploi, la discussion est peu spĂ©cifique la croissance de l’emploi prĂ©sentĂ© comme un sous-produit des projets ou d’un changement de modèle Ă©conomique.
Adopter une politique de développement social qui tienne compte de la durabilité. Encourager l’activité physique par des politiques. Soutenir le développement de la culture locale. Entre 2016 et 2020, offrir 5000 stages et emplois à des jeunes en difficulté sur le marché du travail, en leur offrant des opportunités d’insertion socioprofessionnelle [COULD CO dans la catégorie AT-RISK]. Initier le programme Quartier Intégré dans trois zones cibles : Hochelaga, Sainte-Marie et Montréal-Nord.
Mettre à jour le plan d’action municipal pour les aînés. Adopter une politique de l’enfance pour les 0-17 ans. S’engager auprès de la communauté des sans-abri pour favoriser une citoyenneté active et fournir une assistance juridique et une représentation devant les tribunaux municipaux.
Augmenter le budget d’accessibilité universelle de $5.25M à $10.5M. Améliorer l’accès aux services pour les personnes vulnérables.
Créer un indicateur de risques d’insalubrité pour mieux cibler l’inspection des logements. Construction de 1300 unités de logement, dont 30% seront sociaux ou abordables, dans le cadre du projet du campus MIL de l’Université de Montréal.
Améliorer la mobilité et l’accès au transport en commun dans les zones mal desservies et défavorisées. Amélioration des analyses de vulnérabilité réalisées en 2015 dans le cadre du PACCAM dans le but de localiser les zones de vulnérabilité et d’appliquer de nouveaux règlements pour freiner les impacts négatifs et définir les priorités. Soutenir les projets d’innovation sociale visant à accroître le capital social local.
Ajuster les tarifs du transport en commun pour les enfants et les aînés.
AmĂ©liorer le parc de logements locatifs par des subventions aux propriĂ©taires, la ville contribuant de 30 Ă 45 % du coĂ»t des amĂ©liorations - une expansion du programme RĂ©no logement abordable existant. Fournir des prĂªts abordables et des conseils techniques aux propriĂ©taires qui souhaitent effectuer des rĂ©novations et des amĂ©liorations. Adopter des mesures pour s’assurer que les amĂ©liorations durables apportĂ©es aux logements n’ont pas d’incidence sur la capacitĂ© de payer des locataires et s’efforcer d’informer les propriĂ©taires et les locataires du cadre juridique provincial. S’engager Ă Ă©tablir des plans de logement quinquennaux dont une section portera spĂ©cifiquement sur la prĂ©servation des logements abordables.
Au fil du temps, les questions d’équitĂ© ont pris une place de plus en plus importante dans la pratique de la planification climatique, et les plans climats de MontrĂ©al ne font pas exception Ă cette tendance. Les deux plans se rĂ©clament de l’équitĂ© et de la solidaritĂ©, et promettent tous deux de rendre la ville plus juste et plus inclusive. On pouvait s’attendre Ă ce que le Plan climat, Ă©laborĂ© sous l’administration de ValĂ©rie Plante, dotĂ©e d’une importante orientation communautaire, prĂ©sente un engagement plus fort en faveur du dĂ©veloppement Ă©quitable. Outre le doublement de la contribution de la ville Ă l’accessibilitĂ© universelle (une dĂ©cision louable, certes), le PMD n’a rien de plus concret Ă offrir en termes d’équitĂ©. Il se concentre sur les plans pour les jeunes, les plans pour les personnes Ă¢gĂ©es, l’efficacitĂ© de la prestation de services et l’intĂ©gration sociale par le biais de la sensibilisation et de l’emploi. Le Plan climat, dans un curieux revirement, s’appuie davantage sur le PACCAM de l’administration Coderre que ne l’a fait l’administration Coderre, en utilisant ses analyses de vulnĂ©rabilitĂ© pour cibler ses interventions et trouver les domaines oĂ¹ les besoins sont les plus grands, bien qu’aucune intervention spĂ©cifique ne soit proposĂ©e.
Bien que le Plan climat contienne plus de propositions de politiques d’équité et soit probablement plus complet, les deux plans ont des angles morts. Alors que le PMD s’intéresse peu au logement, le Plan climat n’a rien à dire sur la lutte contre l’itinérance, alors que les sans-abri constituent sans doute le groupe le plus vulnérable aux risques climatiques.
Orienter près d’un million de dollars des envelopes destinées aux organismes communautaires vers des programmes favorisant des saines habitudes de vie (alimentation saine et activité physique). Créer une politique alimentaire municipale pour les installations culturelles, sportives et administratives.
Créer une grappe d’innovation agroalimentaire basée sur l’économie circulaire pour assurer la transition alimentaire de Montréal. Soutenir les jardins communautaires dans le cadre des zones de résilience. En collaboration avec les acteurs du milieu, élaborer une vision complète de l’agriculture urbaine à Montréal. Créer une stratégie pour réduire le gaspillage alimentaire de 50% d’ici 2025, avec une consultation publique prévue pour 2021.
L’approche de la planification de l’alimentation et de la santé adoptée par le PMD est axée sur la promotion d’habitudes de vie saines par le biais de la politique alimentaire et du financement d’initiatives locales. L’un des objectifs déclarés du plan est d’intégrer l’agriculture urbaine et les modes de vie sains dans l’«ADN des quartiers», bien qu’il ne contienne pas de propositions spécifiques pour y parvenir et ne discute pas des critères de distribution des fonds promis. Le Plan climat va plus en profondeur, reliant la politique alimentaire et d’agriculture urbaine à ses autres initiatives, en l’associant à l’organisation communautaire, à la croissance du capital social, au verdissement et à l’innovation. En fin de compte, cependant, les deux plans sont peu précis et il reste à voir quelles seront les stratégies du Plan climat en matière d’agriculture urbaine et de gaspillage alimentaire lorsqu’elles seront publiées.
Planter 300 000 arbres d’ici 2050. Ajouter 1 000 hectares d’espaces protĂ©gĂ©s. Doubler le nombre de toits verts sur les bĂ¢timents municipaux. «Verdir» les règlements municipaux. Entamer un projet de recherche sur la phytoremĂ©diation couvrant quatre hectares afin de rĂ©duire la toxicitĂ© des sols, en nĂ©gociant avec les autres niveaux de gouvernement pour obtenir des fonds. Encourager les organisations partenaires Ă contribuer aux projets de verdissement. Encourager les organisations partenaires Ă lutter contre les espèces envahissantes et Ă prĂ©venir leur introduction. Ajouter quatre hectares de parcs et autres espaces publics au projet de campus de l’UniversitĂ© de MontrĂ©al.
Planter, préserver et protéger 500 000 arbres, en priorisant les zones vulnérables aux vagues de chaleur, financés à 50 % par le budget d’investissement décennal (l’autre moitié du financement n’est pas spécifié). Augmenter la superficie des aires protégées de 6,1 % à 10 %. Restaurer de plusieurs berges. Resserrer la réglementation sur les pesticides tout en envisageant d’autres méthodes de contrôle. Soutenir le verdissement et le jardinage communautaire en tant que partie intégrante des pôles de résilience, ce qui permettra de développer le capital social local.
Les programmes de verdissement des deux plans sont simples et presque identiques. Ils visent Ă rendre la ville plus verte de la manière la plus simple possible : plus d’arbres, davantage d’espaces protĂ©gĂ©s pour les parcs et les forĂªts, et l’implication de la communautĂ© dans des projets locaux pour ajouter de la verdure dans leurs quartiers. Bien qu’il n’y ait pas eu de progrès en ce qui concerne l’extension de la superficie des terres protĂ©gĂ©es (au cours des cinq annĂ©es sĂ©parant les plans, l’objectif de protĂ©ger 10% de la superficie de l’île n’a pas changĂ©), certains projets sont en cours de rĂ©alisation, comme le Grand parc de l’Ouest. Un suivi plus approfondi des changements dans les espaces verts et la canopĂ©e pourrait aider Ă dĂ©terminer comment la plantation d’arbres et la croissance des espaces verts ont Ă©tĂ© distribuĂ©es, car aucun plan ne spĂ©cifie exactement oĂ¹ la plantation d’arbres et l’expansion des espaces verts auront lieu, bien que le Plan climat fasse allusion au ciblage des zones vulnĂ©rables Ă la chaleur pour la plantation d’arbres.
Malgré que le PMD mentionne l’innovation à quelques reprises, aucune intervention n’est suggérée pour encourager l’innovation ou le déploiement de technologies novatrices.
CrĂ©ation de zones laboratoires oĂ¹ la vie en ville sera «redĂ©finie» . CrĂ©ation d’un pĂ´le d’innovation en agroalimentaire. Utiliser les marchĂ©s publics pour promouvoir l’émergence et la croissance locales d’industries innovantes. Utiliser la ville comme catalyseur de l’innovation, en rassemblant les acteurs de l’économie circulaire et en encourageant l’écologisation du secteur de la construction.
Des mentions de l’innovation sont présentes tout au long du Plan climat. Le terme «Innov*» apparaît près de trois fois plus dans ce plan (31 occurrences) que dans tout autre plan climat montréalais (bien que le terme «technologie verte» ait été utilisé à l’occasion dans les premiers plans de la ville). Le Plan climat mentionne également une variété de projets pilotes en mobilité durable et en technologies vertes - des secteurs clés de l’innovation que ce plan vise à attirer et à exploiter. Contrastant avec la présence de la rhétorique de l’innovation et le manque d’action sur le sujet dans le PMD, l’importance croissante de l’innovation dans la planification climatique de Montréal peut indiquer un changement d’approche de la part de la ville, dans un mouvement global vers les technologies innovantes pour lutter contre le changement climatique. En cinq ans, Montréal est passée de l’innovation en tant que rhétorique à la désignation de zones spécifiques pour produire et déployer l’innovation. La ville semble vouloir atteindre cet objectif en se rendant plus attrayante pour les industries innovantes et en allouant des ressources pour développer les secteurs innovants déjà actifs dans l’économie de la ville. Il est intéressant de noter que le Plan climat est le premier plan municipal à faire référence à l’émergence de nouvelles technologies pour contrôler les émissions, en l’occurrence la capture du carbone qui permettrait d’éliminer les émissions provenant du transport aérien et de l’industrie.
Le PMD ne comprend pas de politiques spĂ©cifiques Ă l’utilisation du sol. Il est axĂ© sur l’introduction d’infrastructures vertes et d’une mobilitĂ© Ă faibles Ă©missions dans les quartiers existants. Bien que les quartiers Ă â€œÂ«Ă©chelle humaine» soient abordĂ©s et fassent partie des objectifs centraux du plan, aucun mĂ©canisme n’est proposĂ© pour modifier l’utilisation du sol afin de crĂ©er ou de prĂ©server de telles zones.
Améliorer les outils de planification de la ville pour favoriser la construction de quartiers à l’échelle humaine adaptés au changement climatique en tenant compte des usages mixtes, de la résilience, de la verdure, du transport actif et l’accès aux services. Convertir les parkings à ciel ouvert en logements denses ou en espaces verts. Créer des écoquartiers carboneutres, en s’inspirant de l’aménagement en cours de l’Hippodrome.
Bien qu’aucun des deux plans n’aborde en profondeur la question de l’utilisation du sol, le PMD l’évite complètement. Le Plan climat, quant à lui, aborde des changements non spécifiques aux pratiques d’utilisation du sol de la ville en encourageant une trame urbaine plus dense, la réduction de l’utilisation de l’automobile, l’utilisation des transports publics et la prise en compte des risques climatiques. Le Plan climat est plus enclin à discuter de la réécriture des règlements d’urbanisme, à expérimenter de nouvelles formes urbaines et à s’appuyer sur celles qui ont fait leurs preuves. La liste de souhaits pour les quartiers montréalais de l’avenir (usages mixtes, résilients, verts, actifs et à proximité des services) pourrait finir par avoir une influence au-delà des simples notions d’utilisation du sol et de zonage, en ayant un impact sur les autres catégories de politiques de ce document (verdissement, économie, équité, etc.). C’est encourageant, mais en l’absence de suivi, il sera difficile de déterminer quels changements ont été effectués.
Bonifier de 100 millions de dollars la contribution de la ville aux transport en commun. Convertir 30 % de la flotte d’autobus de la ville en véhicules hybrides. Encourager les organisations partenaires à inciter leurs employés à utiliser le transport en commun.
Ajouter 20 rues piétonnes ou partagées. Ajouter 270 kilomètres au réseau de voies cyclables.
Ajouter 1000 bornes de recharge de véhicules électriques à Montréal. Créer un cadre réglementaire permettant aux entreprises privées de déployer 1000 véhicules électriques en libre-service.
Convertir 230 des véhicules de la ville à la propulsion électrique. Remplacer 100 des fourgonnettes de la ville par des modèles à plus petite cylindrée.
Continuer à soutenir les taxis, le covoiturage et les véhicules en libre-service. Utiliser les grands projets tels que le REM, le prolongement de la ligne bleue, la branche ouest de la ligne orange et la ligne rose pour améliorer le service et réduire les émissions globales. Compléter le BRT Pie-IX. Ajouter 300 autobus hybrides au parc de la STM.
Poursuivre le dĂ©veloppement des infrastructures cyclables grĂ¢ce Ă des projets tels que le REV. Augmenter la disponibilitĂ© des vĂ©los en libre-service, en particulier pour les vĂ©los Ă©lectriques. CrĂ©er des incitations Ă la pratique du vĂ©lo, Ă la rĂ©duction des dĂ©placements en voiture solo et aux services de livraison sans Ă©missions. Rendre les dĂ©placements des employĂ©s de la ville neutres en carbone et favoriser le tĂ©lĂ©travail pour Ă©conomiser sur l’ensemble des dĂ©placements.
Créer une zone zéro émission au centre-ville, en partie en augmentant le nombre de bornes de recharge publiques et privées disponibles dans le secteur. Déployer des investissements importants pour augmenter la part des véhicules électriques dans les rues de Montréal. Augmenter le nombre total de bornes de recharge sur l’île afin que 30 % de l’utilisation des véhicules soit électrique.
Soutenir la STM dans la conversion de sa flotte d’autobus à 100% électrique d’ici 2040. Optimiser le parc de véhicules de la ville, en le convertissant à la propulsion électrique lorsque cela est possible et en augmentant l’efficacité globale.
Les objectifs de mobilitĂ© du PMD sont modestes. Ils visent Ă amĂ©liorer la mobilitĂ© des piĂ©tons et des cyclistes, et Ă investir rapidement dans les vĂ©hicules Ă©lectriques. Le PMD n’aborde ni ne propose aucun grand projet de transport public. Le Plan climat est marquĂ© par les ambitieux projets d’infrastructure de transport public promis par l’administration Plante, dont plusieurs ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s ou sont en cours. Le plan promet Ă©galement une «mobilitĂ© durable universelle» dans tout MontrĂ©al et des tarifs de transport en commun plus abordables pour les enfants et les personnes Ă¢gĂ©es. Il favorise Ă©galement la mise en place d’infrastructures pour les vĂ©hicules Ă©lectriques, comme une zone zĂ©ro Ă©mission au centre-ville, adaptĂ©e Ă la mobilitĂ© Ă©lectrique. Le Plan climat en dit peu sur la mobilitĂ© piĂ©tonne, se concentrant plutĂ´t sur les vĂ©hicules Ă©lectriques et le transport en commun. On peut toutefois en dĂ©duire que si les changements apportĂ©s Ă l’utilisation du sol dans le cadre du Plan climat permettent de densifier les quartiers, la mobilitĂ© piĂ©tonne s’amĂ©liorera.
Ces politiques de mobilité reflètent une différence significative d’ordre politique entre les plans climatiques. Les projets de transport constituaient une importante partie de la plateforme électorale de Plante, tandis que Coderre s’est défini contre ces grands projets et a tendance à s’aligner avec les arrondissements plus éloignés et dépendants des infrastructures automobiles. Il est toutefois intéressant de noter que le PMD de Coderre promet un ajout plus important aux infrastructures cyclables que le Plan climat de Plante, étant donné que Coderre et sa base politique sont plutôt tièdes à l’égard de cette sorte de mobilité active.
L’automobile domine encore fortement les déplacements dans la région métropolitaine.
La ville se montrera exemplaire en termes de développement durable à l’échelle nationale et mondiale en réalisant des projets d’envergure comme le campus MIL de l’Université de Montréal et en accueillant de grands événements internationaux sur le développement durable. Elle s’associera également aux réseaux de développement durable et de commerce équitable, tant au Canada qu’à l’étranger. Le plan présente également le désir, non réalisé semble-t-il, de construire un réseau provincial de municipalités pour faciliter l’échange d’idées sur le développement durable.
Le Plan climat souligne les différents engagements internationaux de Montréal dans le cadre de l’Accord de Paris et de la One Planet Charter. Les objectifs de la ville en matière d’émissions sont conformes aux engagements pris lors du Sommet Action Climat. Le plan a également été créé en partie par le bureau de la transition écologique et de la résilience, né du programme 100 Resilient Cities de la Fondation Rockefeller, que Montréal a rejoint en 2016. Ce réseau transnational semble avoir eu une influence significative sur le Plan climat, notamment en termes de cadrage et de langage. Les engagements en faveur d’un internationalisme tourné vers l’extérieur sont réduits dans ce plan, l’accent étant mis sur la ville en tant qu’exemplaire pour ses citoyens, plutôt que sur l’exemplarité internationale.
Le PMD vise Ă faire de MontrĂ©al une ville internationale en matière de durabilitĂ©, non seulement en tant qu’étude de cas, mais aussi en tant que plaque tournante et ville hĂ´te rĂ©unissant des entreprises, des gouvernements et des experts du monde de la durabilitĂ©. Le Plan climat, quant Ă lui, est davantage axĂ© sur la ville, non pas en tant qu’exemple international, mais en tant qu’exemple pour ses administrĂ©s et ses intervenants. Cela ne signifie pas pour autant que ce plan est moins ancrĂ© dans les systèmes et accords internationaux, ni dans le cadre de la compĂ©tition mondiale des villes. Les objectifs et les politiques du Plan climat sont ouvertement influencĂ©s par l’adhĂ©sion de MontrĂ©al Ă l’Accord de Paris, Ă la One Planet Charter et au C40. Une partie de son contenu, ainsi que certains de ses rĂ©dacteurs, sont issus de la participation de MontrĂ©al au projet 100 Resilient Cities. Le PMD et le Plan climat abordent diffĂ©remment les rĂ©seaux et accords internationaux et rĂ©gionaux. La vision de Denis Coderre dans le PMD peut Ăªtre dĂ©crite comme plus audacieuse, promettant de se diversifier, d’adhĂ©rer Ă de nouveaux accords et de donner Ă MontrĂ©al une place sur la scène mondiale. Le Plan climat de ValĂ©rie Plante a une vision internationale fondĂ©e sur le respect des ententes et le dĂ©veloppement de l’infrastructure mise en place par les rĂ©seaux dont la ville est dĂ©jĂ membre.
Atteindre 70 bĂ¢timents municipaux avec une certification LEED ou BOMA BEST. RĂ©duire de 5 % la consommation Ă©nergĂ©tique des bĂ¢timents municipaux. S’assurer que 75 % des subventions accordĂ©es aux entreprises pour la construction, l’agrandissement ou la rĂ©novation de bĂ¢timents respectent des critères environnementaux.
Bonifier les politiques d’approvisionnement socialement responsable de Montréal. Dresser un portrait des investissements de Montréal dans les combustibles fossiles et étudier les possibilités de désinvestissement.
RĂ©duction de 20 % de l’eau potable produite par les stations d’épuration de MontrĂ©al par rapport Ă 2011. Maintenir un taux de renouvellement des aqueducs supĂ©rieur Ă 1 %. Installer une station de dĂ©sinfection Ă l’usine de filtration d’eau. Construire un tunnel pour protĂ©ger la conduite d’arrivĂ©e de l’usine de filtration d’Atwater des dommages causĂ©s par la circulation automobile. Corriger 275 raccordements croisĂ©s. Construire des bassins de rĂ©tention pour une capacitĂ© supplĂ©mentaire de 130 000 mètres cubes. Mettre en Å“uvre le plan de gestion de l’eau de la ville. Étendre les services de compostage Ă 100 % des bĂ¢timents de 8 logements ou moins. Étendre la collecte des dĂ©chets, du recyclage et du compost aux zones Ă forte circulation et aux bĂ¢timents publics municipaux.
AmĂ©liorer l’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique des bĂ¢timents par la mise en place d’un système de classement et de rapports (pour les bĂ¢timents privĂ©s) en commençant par les grands bĂ¢timents commerciaux et institutionnels. Interdire l’utilisation de combustibles fossiles dans tous les bĂ¢timents municipaux, qui seront alimentĂ©s exclusivement par des Ă©nergies renouvelables. CrĂ©er de nouvelles normes pour l’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique et les Ă©missions des bĂ¢timents municipaux. ContrĂ´ler les Ă©missions provenant de la climatisation des bĂ¢timents publics. Encourager l’abandon du chauffage au mazout pour les bĂ¢timents commerciaux et rĂ©sidentiels.
Produire un inventaire complet des Ă©missions de GES provenant des habitudes de consommation de la communautĂ© montrĂ©alaise. Mettre en place des mesures permettant Ă la ville d’atteindre ses objectifs en matière de gestion des dĂ©chets, notamment l’élimination des plastiques Ă usage unique, le don et la rĂ©utilisation des textiles et la mobilisation de la communautĂ©. CrĂ©er un «test climatique» qui servira Ă Ă©valuer l’impact de toutes les dĂ©cisions de la ville. DĂ©ployĂ© sur trois ans, ce test s’appliquera d’abord aux grands projets tels que les infrastructures, puis Ă terme Ă toutes les dĂ©cisions. Établissement d’un «budget carbone» pour la collectivitĂ© montrĂ©alaise, sur la base des repères Ă©tablis par le C40. Ajout d’un chapitre sur le climat dans le budget annuel de la ville. CrĂ©er un plan de travail pour rĂ©duire les Ă©missions des chantiers de construction. CrĂ©er une zone zĂ©ro Ă©mission au centre-ville d’ici 2030. Financement des propriĂ©taires de bĂ¢timents rĂ©sidentiels privĂ©s pour qu’ils entreprennent des travaux d’amĂ©lioration de la durabilitĂ©/de l’efficacitĂ©.
Permettre le don et la réutilisation des textiles (les textiles représentent 4% des émissions des grandes villes du monde). Remplacer les incinérateurs de l’usine de filtration d’eau Jean-R.-Marcotte. Installer des filtres pour capter le méthane produit par le Complexe environnemental Saint-Michel.
Les plus grandes diffĂ©rences entre le PMD et le Plan climat en termes de politiques de dĂ©veloppement durable sont l’accent mis par le PMD sur les services (l’eau en particulier), et l’accent mis par le Plan climat sur la rĂ©forme de la gouvernance de MontrĂ©al pour une meilleure durabilitĂ©. En effet, plusieurs des politiques les plus intĂ©ressantes proposĂ©es dans le Plan climat sont orientĂ©es vers la gouvernance et, selon leur mise en Å“uvre, pourraient apporter de profonds changements. Les politiques de construction sont en quelque sorte progressives, notamment dans leur façon d’agir sur les actifs municipaux. D’abord l’amĂ©lioration de l’efficacitĂ© des bĂ¢timents municipaux et l’obtention de certifications dans le PMD, puis l’interdiction de l’utilisation de combustibles fossiles dans ces bĂ¢timents et la mise en place de nouvelles normes d’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique et de climatisation dans le Plan climat. La rĂ©glementation de la construction et les programmes de rĂ©glementation et de subvention de l’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique des bĂ¢timents du Plan climat pourraient Ăªtre très efficaces en termes de rĂ©duction des Ă©missions si de nouveaux règlements sont effectivement proposĂ©s et approuvĂ©s et si le programme de financement peut Ăªtre mis en place. Dans une ville oĂ¹ 28 % des Ă©missions totales proviennent des bĂ¢timents (rĂ©sidentiels, commerciaux et institutionnels), une rĂ©glementation plus stricte en matière d’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique et de construction propre sera très utile. Comme c’est le cas pour de nombreuses politiques du PMD et du Plan climat, les dĂ©tails sont difficiles Ă trouver, en particulier pour les mesures de gouvernance les plus radicales. Le PMD ne dĂ©finit pas l’envergure de ses politiques d’approvisionnement responsable, ni sa promesse d’étudier le dĂ©sinvestissement des combustibles fossiles. Le Plan climat explique peu les paramètres de son budget carbone et de son test climatique pour les dĂ©cisions municipales.